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LA METHODE DE F. CROMBETTE ET LE LINCEUL de NSJC.

QUELQUES MOTS - COMPLÉMENTAIRES - SUR LA MÉTHODE DE F. CROMBETTE .

Alain Fournier

Nous ne pouvons pas ici, reprendre en détail l’explication de la méthode de FC de lecture par le copte des lettres hébraïques (car il faudrait, en outre et dans ce cas, expliquer comment la méthode de lecture des hiéroglyphes égyptiens l’y a conduit). Pour les lecteurs qui s’y intéresseraient en détail, nous renvoyons aux documents publiés par le Ceshe sur ce sujet (1).

Nous rappelons également ici, pour les lecteurs plus récents, qu’après des lustres passés à décortiquer l’égyptien, le hittite et le crétois (et d’autres langues de l’Antiquité) par le canal du copte monosyllabique, F.Crombette « reconstruit », pour la réhabiliter, une grande partie de l’Histoire de l’Antiquité. Il découvre, entre autre, que le patriarche Joseph, alors vizir du Pharaon Apophis-le-Grand (ou Khyan) de la 15 ème dynastie, au Moyen Empire, invente le prototype du premier alphabet, et donc les lettres hébraïques, afin de « se dissocier » des pratiques d’écritures pictographique et particulièrement hiéroglyphique qui permettaient des lectures multiples à caractère souvent magique et ésotérique comme le confirme Clément d’Alexandrie (2). Joseph invente cet alphabet, « en le tirant » de certains hiéroglyphes, pour le peuple hébreu qui est le sien. Mais il semble évident que ce peuple s’exprimait en égyptien, c'est-à-dire en copte ancien. Et, après près de 4 siècles, Moïse, - qui plus est élevé à la cour de Pharaon -, ne s’exprimera pas autrement.

Perturbé par le récit des funérailles de Jacob, qu’il trouve dans la traduction d’une inscription d’un roi crétois, contemporain et vassal d’Apophis, récit qui ne contredit pas l’Ecriture mais qui est plus « complet » que celui de la Genèse, car il relate un miracle effectué par Joseph (!) F.Crombette est interpellé. Il se demande évidemment pourquoi le Texte sacré n’est pas aussi prolixe et détaillé - puisque le détail est évidemment important - qu’un texte, historique certes, mais qui reste profane. Il aura alors une de ses intuitions fulgurantes qui jalonnent toute son œuvre. Piqué au vif, il va, après avoir épuisé tout ce qu’il peut trouver sur le sujet, essayer de « relire » les versets 1 à 15 du chapitre 50 de la Genèse par sa méthode, adaptée à la lecture du texte hébraïque. Et, stupéfaction, non seulement le texte qu’il obtient relate bien le miracle de Joseph mais est, cette fois-ci, plus complet que le texte crétois, et ce, SANS CONTREDIRE EN AUCUNE MANIERE NI REMETTRE EN CAUSE LE TEXTE BIBLIQUE CLASSIQUE. Ce dernier est évidemment maintenu mais complété et détaillé.

Ebahi par ce qu’il découvre, il va vérifier cela sur les divers Psaumes qui avaient été à l’origine de son travail scientifique et particulièrement le verset 12 du Psaume 74 (73) et il voit poindre la confirmation de son intuition. Son travail scientifique et historique terminé, il va alors entreprendre de « relire » par sa méthode les onze premiers chapitres de la Genèse, certains passages de l’Exode, plusieurs Psaumes, quelques versets des Prophètes (Isaïe, Josué, Samuel etc.), ainsi que le chapitre VIII des Proverbes. Le résultat est époustouflant.

La lecture et l’interprétation par le copte monosyllabique du texte biblique s’avèrent donc incomparablement plus explicites et plus riches que les traductions habituelles ayant considéré l’hébreu comme une langue sémitique et flexionnelle. Le sens premier est toujours maintenu, répétons-le, mais largement détaillé.

Contrairement à ce qu’il fit pour la traduction des hiéroglyphes (description complète du signe, transcription copte, homophonie, traitement en rébus), FC suit ici, point par point, le texte hébraïque sans rien y changer, en donnant seulement aux lettres hébraïques leurs valeurs coptes et en utilisant toutes les subtilités de cette langue considérée, ici, comme monosyllabique.

Depuis quelques années, mais avec énormément de prudence, d’humilité et de respect, nous avons repris – c’était son souhait le plus profond – la méthode de F.Crombette et tenté, sur ses traces, de l’utiliser au mieux.

Le début fut assez fastidieux. Il n’était en tout cas pas question de tenter quoi que ce soit sans avoir scruté attentivement et compris jusqu’à la moindre parcelle de ce qu’il avait pu dire sur le sujet avec tous les exercices possibles à la clé. Agir autrement … pour voir, par simple curiosité ou pour viser le « sensationnel », eût été une erreur et une faute. D’autre part, un système de contrôle avait été mis au point afin de bien s’assurer que des fausses pistes n’étaient ou ne seraient pas suivies. C’est ainsi que pendant plus d’un an, outre la technique de la méthode elle-même, les grammaires coptes et hébraïques mais aussi tous les mots hébreux analysés par FC furent réétudiés. Des versets, étudiés par FC, furent proposés aux interprètes - SANS QU’ILS LE SACHENT - et ce, afin de comparer les résultats obtenus : ils furent tous positifs. Enfin des dizaines de mots hébreux (bibliques surtout, mais pas seulement) ainsi qu’araméens furent choisis dans les dictionnaires pour être analysés. Les résultats (3) ayant – à quelques rares exceptions près – été concluants, il ne restait plus qu’à commencer à appliquer la méthode à des versets entiers. Ce fut le travail accompli depuis trois ans par Claude Alain (sur divers thèmes retenus tels que l’astronomie, le langage et l’écriture, l’âme, etc., plus que sur la traduction in extenso de chapitres entiers) et que les lecteurs de Science & Foi connaissent bien.

Suite au premier séminaire de formation à la « méthode FC » donné à l’Abbaye de Leffe, d’autres membres du Ceshe ont également commencé, petit à petit, à appliquer la méthode sous le contrôle de Claude Alain, de divers membres du Ceshe pour la complémentarité avec l’œuvre de FC, que Claude Alain ne connaît pas suffisamment (4) et de divers spécialistes pour les questions religieuses, scientifiques et historiques, quand cela s’avère nécessaire (5).

Nous avons également suivi les cours d’hébreu biblique classique afin de bien percevoir et de comprendre les subtilités de cette langue.

Enfin, et afin de faciliter la tâche de ceux qui souhaiteront prendre la relève, un dictionnaire (des racines) copte-français, inexistant à ce jour, est en cours de rédaction.

Sur ce qui a été fait jusqu’à présent, car tout est loin d’avoir été publié, aucune réaction négative ne nous a été opposée. Bien au contraire. Il y a, bien entendu, quelques objections ; nous en tenons compte et tentons toujours d’y répondre au mieux.

La principale, jusqu’ici, tient au fait que seul le texte du Pentateuque (donc le texte mosaïque pur ou en tout cas celui écrit sous la dictée de Moïse) se prêterait à l’interprétation que la méthode de FC permet ! Ce qui vient après ne serait pas « suffisamment certain quant à la langue, au texte ou au contexte » et à fortiori ceux, ultérieurs, empreints d’araméismes, surtout lors de, et après l’Exil.

Nous ne le pensons pas. Le texte de la Bible, ADMIS par l’Eglise dans son entièreté, après bien des discussions, est considéré, sous son autorité, comme le TEXTE DIRECTEMENT INSPIRE PAR DIEU, majoritairement rédigé en hébreu avec quelques mots ou quelques passages en araméen … qui était aussi la langue de Jésus.

Nous avons néanmoins vérifié. La plupart des mots araméens trouvés dans le très beau « Dictionnaire » de Reymond (6) ont été analysés par la méthode.

Tous ces mots donnent les mêmes résultats que les mots hébreux.

Le contraire eut été étonnant car on peut dire, à la suite de Vigouroux, Carmignac, Tresmontant, et d’autres encore, que l’araméen est « une sorte d’hébreu populaire » mais dont les mots comportent « des racines identiques à l’hébreu » à quelques exceptions près. Or, la méthode de FC vise justement l’analyse des racines retrouvées dans la lecture des mots ou des phrases des versets.

En outre, il est un autre argument sur ce plan. Car comment comprendre, dans ce cas, et donner foi aux travaux extraordinaires entrepris sur le codage du texte biblique par les savants de l’Université de Bar-Ilan à Tel Aviv (7) et portant sur l’ensemble du texte biblique (du moins, l’AT, si nos informations sont exactes), araméismes compris ? Or, que nous sachions, ces codages fonctionnent du début jusqu’à la fin du texte. Pourquoi, alors, la méthode de FC ne fonctionnerait-elle pas aussi ? C’est peut-être un mystère, mais c’est ainsi.

Enfin F. Crombette lui-même, ne s’en est pas tenu au seul Pentateuque dans ses analyses. Il a réalisé des interprétations de versets des Prophètes et surtout un chapitre entier des Proverbes, attribué à Salomon et donc daté des alentours de l’an 950 ACN, et ce, avec des résultats remarquables.

Reste qu’un travail de fond est encore nécessaire pour analyser, expliciter la méthode de F.Crombette. Que celle-ci soit pertinente et qu’elle donne des résultats remarquables, on en conviendra aisément aujourd’hui. Des études antérieures ont également montré son ancrage dans le domaine du langage (8).

Voici quelques temps, quelques amis, membres du Ceshe, exprimaient leur regret qu’il n’y ait pas de texte hébraïque du Nouveau Testament, car disaient-ils « on aurait ainsi pu lui appliquer la méthode FC et, peut-être obtenir des éléments, des détails intéressants » sur la Résurrection, sur le Verbe, etc. C’étaient sans bien connaître les travaux de l’abbé Carmignac et ceux de Claude Tresmontant, dont nous avons, à maintes reprises, parlé, dans Science & Foi toujours, sans oublier les travaux du Père M. Jousse.

Nous nous mîmes donc en quête de ces textes. Y Nourissat nous fit obtenir, dans un premier temps, le texte hébreu traduit (à partir du grec) par L.Segond et publié par « La Société pour la distribution des Saintes Ecritures Hébraïques (9). Texte intéressant, certes, mais qui après quelques essais ne nous parut pas absolument complet sur le plan de la langue elle-même. Finalement nous pûmes heureusement mettre la main sur le Vol. 5 des « Traductions Hébraïques des Evangiles » dans une collection rassemblée par Carmignac et publiée par Brepols (déjà signalée en son temps par Science & Foi, encore), après celle de la « London Society for Promoting Christianity amongst the Jews » (10) .

Après réflexion, il fut donc décidé d’appliquer la méthode aux versets de St Jean (dans le texte de Segond et celui de « 1864 » du « Carmignac » et ceux de St Luc et de St Marc (version Segond) concernant la Résurrection. D’autres analyses suivront, probablement plus complètes à partir des textes rassemblés par Carmignac, mais la qualité des résultats déjà obtenus nous paraît tellement exceptionnelle que nous avons pensé vous les faire connaître.

Il s’agit évidemment d’une étude prudente que nous soumettons, comme tout ce qui concerne l’œuvre et la méthode de F. Crombette, au jugement de l’Eglise catholique, dossier depuis longtemps introduit à Rome (11).

De la « pertinence » d’une version hébraïque du  Nouveau Testament.

Claude Alain – Alain Fournier

Nous n’entendons pas ici convaincre la totalité des spécialistes (exégètes, théologiens, historiens) sur ce sujet. La place manquerait. Ce débat dépasse d’ailleurs largement le cadre de cette étude proprement dit. Nous pensons, avec Ellen Myers (12) et bien d’autres, qu’il s’inscrit dans la mouvance du combat apologétique qui dure depuis maintenant deux siècles (et plus !) entre modernistes et défenseurs de la Tradition, même si un certain nombre de partisans de la méthode historico-critique et de la théorie documentaire abandonnent aujourd’hui la partie - sans trop le dire- et remettent même en question cette théorie (13).

On notera également que cette « querelle des anciens et des modernes » s’inscrit dans le combat qui était celui de FC et qui se poursuit « Science et Foi ». Le débat perdure, au minimum, depuis Galilée et fut intensifié par ceux qui, à la remorque du protestantisme libéral allemand et des théories évolutionnistes de Darwin et de ses successeurs, s’ingénièrent à démontrer l’errance possible (et vite déclarée plus que probable et finalement certaine par beaucoup) de la Bible. C’est Moïse « qu’il fallait tuer » comme le pensèrent et le dirent certains (Darwin, Freud, Marx et consorts), et, dans la foulée, discréditer le Nouveau Testament, après l’Ancien, en s’efforçant de démontrer une rédaction tardive des Evangiles, relevant les « incohérences » supposées qu’ils contiennent et mettant en doute l’identité de leurs auteurs.

Dans cette optique, on peut comprendre que la rédaction tardive des Evangiles les arrangeait, puisqu’ils devenaient ainsi l’œuvre d’écrivains qui, n’ayant pas été témoins directs, ne se souvenaient peut-être plus très bien » (!). Seule, alors, la « science » restait en piste … et devenait même dogmatique, ce qui - il faut quand même bien l’avouer - n’est pas tout à fait son but.

Le résultat est qu’aujourd’hui, seul un tout petit nombre de chrétiens (catholiques ou protestants) acceptent encore entièrement la Bible tout en craignant à tout moment d’être taxés de fondamentalisme ou de concordisme. D’où un profil plus ou moins bas !

Et pourtant, les arguments de Claude Tresmontant, de l’abbé Carmignac et encore de Jacqueline Genot-Bismuth ont largement démontré que les Evangiles n’ont pu être écrits qu’en hébreu et, ENSUITE, mais ensuite seulement, traduits en grec (puis en latin), dans un grec de cuisine, comme on dit « latin de cuisine » et souvent avec des mots à eux qui ne se retrouvent nulle part ailleurs dans la littérature classique. Le « Bailly », qui compte parmi les dictionnaires grecs de référence, donne d’ailleurs de nombreux exemples de mots grecs n’existant que dans les Synoptiques. En plus, on trouve dans les Evangiles, que ce soit en grec, en latin ou en français, bon nombre de traductions approximatives constituant même parfois des contresens (14).

On ne s’étonnera donc pas des « libertés »  que prennent certains traducteurs, surtout contemporains. Nous sommes ainsi très loin de ce que demandaient les Papes dans les encycliques à ce sujet (Providentissimus Deus de SS. Léon XIII, Humani Generis de SS Pie XII, etc.).

C’est évidemment gênant.

« L’Eglise , selon Tresmontant, utilise une version « romantique » des Evangiles, traduite à partir du latin qui a lui-même été traduit du grec, la version grecque étant en général considérée par Elle comme « l’original ». Or, ajoute t-il « les Evangiles ont été écrits en hébreu, et pas en grec ». Affirmation redoutable que certains ont même défini comme « le scandale Tresmontant » ! Carmignac dit à peu près la même chose. Ils ne sont pas les premiers, d’ailleurs, à se prononcer de la sorte.

Sans remonter aux Pères de l’Eglise ou à leurs disciples, un document du 13 ème siècle, conservé à la Bibliothèque Nationale, laisse entendre que les Evangiles en grec sont une traduction, mais, malheureusement sans mentionner laquelle. Mais de quelle langue pourrait-il s’agir, hormis l’hébreu ou l’araméen (15) ? Avant cela, en 1668, les Evangiles avaient été traduits en hébreu par Giovanni Battista Iona, traduction retouchée en 1805 par Thomas Yeates (cfr Carmignac, op. cit.).

La certitude de Tresmontant, comme de Carmignac, vient de leur parfaite connaissance du grec et de l’hébreu. Il ont constaté que le grec des Evangiles est du mauvais grec, complexe, obscur, truffé de nombreuses fautes de grammaire. Cela est difficilement explicable ; par contre, et c’est cela l’étonnant, si on connaît l’hébreu, ces fautes n’en sont plus car elles apparaissent comme la transcription en grec de la syntaxe et du mode de penser hébraïque (16) !

Quid alors de la Vulgate qui est pourtant le texte admis par l’Eglise ? Et bien, elle est acceptée, évidemment, sans réticence aucune. Mais cela n’empêche pas – et l’Eglise, par ses Pasteurs, l’encourage – que l’on poursuive les études et que l’on cherche avec l’aide des langues anciennes, le syriaque, le copte, l’arménien par exemple, le détail qui complète, enrichit le sens premier, sans le rejeter, bien entendu, et sans que cette recherche implique quelque contradiction que ce soit avec l’enseignement de l’Eglise.

Quoi qu’il en soit, d’après ce que l’on sait aujourd’hui et malgré des oppositions restées souvent vives, il ne fait quasi aucun doute que les Evangiles ont été écrits très tôt (entre 40 et 60 A.D.), en hébreu ou en araméen (sorte d’hébreu populaire et moderne) et quasi automatiquement traduits en grec pour une diaspora juive (et/ou autre) … qui s’exprimait majoritairement en grec à cette époque (17).

On se reportera donc utilement aux ouvrages de l’abbé Carmignac et de Claude Tresmontant, pour le détail de ce qui est dit ci-dessus.

L’abbé J. Carmignac, nous l’avons dit, dans une collection éditée par Brepols (18) (1982-1985), a remarquablement rassemblé un certain nombre de « traductions » des Evangiles en hébreu, accompagnées à chaque fois d’un historique et d’un commentaire très pertinents. Que ce soient celles de G.B.Iona (1668), retouchée par Yeates en 1805, celle de Garfield en 1831 et surtout celles de la « London Society for promoting Christianity amongst the Jews » (versions de 1838 et de 1864), on trouve dans ces ouvrages un bel exemple de ce qui vient d’être dit.

Les versions de 1838 et surtout de 1864 ont la faveur de Carmignac : « la traduction de 1838 est plus élégante, celle de 1864 est plus correcte et plus exacte, mais d’une exactitude souvent trop littérale … l’idéal est de combiner les deux. Quand elles sont d’accord (et elles le sont souvent), on doit attacher une grande importance à leurs communes suggestions, qui sans doute correspondent assez souvent au réel substrat hébraïque. Quand elles divergent, si c’est pour copier le grec trop mécaniquement, qu’on donne la préférence à la traduction de 1838 ; mais si ce n’est pas par manie d’hellénisme, alors qu’on admette plutôt les termes, les formes et les tournures de celle de 1864 » (19).

Ce que l’on sait moins c’est que ces deux dernières traductions ont été faites essentiellement par des Juifs convertis ( S.Lee, H.F.W Genesius,I.M.H.C Neumann, A.McCaul, M.S Alexander, J.C Reichardt, S. Hoga pour celle de 1838 et JC Reichardt, J.H.R Biesenthal, E. Margoliouth pour celle de 1864 ), dont la mission était d’annoncer les Evangiles à leurs compatriotes (convertis ou à convertir) dispersés dans l’Europe entière. On est ébahi du luxe de détails et de précautions que ces savants convertis - pour beaucoup issus de familles rabbiniques maîtrisant parfaitement de nombreuses langues tant anciennes ( hébreu, syriaque, copte, chaldéen ) que modernes - ont pris pour arriver au bout de leur travail.

Enfin on trouve de nombreux sites Internet qui font connaître les travaux de Tresmontant et Carmignac (20) et qui plaident pour une première rédaction (en hébreu) très précoce des Evangiles.

Le débat reste ouvert.

Nous reprendrons dans l’analyse, comme à l’habitude, les séquences habituelles :

  1. Texte classique (une ou plusieurs versions)
  2. Texte hébreu
  3. Lecture FC
  4. Analyse de ce texte a. Découpage en syllabe hébraïque

b. Lecture copte

c. Traduction latine

d. Traduction littérale française

5. Texte coordonné

Jean, 20, 6-8 ( version Segond). Par Claude ALAIN.

Trad. Vigouroux  :

6. Pierre, qui le suivait, vint aussi, et entra dans le sépulcre et vit les linges posés à terre.

7. Et le suaire qui couvrait sa tête, non point avec les linges, mais plié en un lieu à part.

8. Alors donc entra aussi l’autre disciple qui était venu le premier au sépulcre et il vit et il crut.

9. car ils ne savaient pas encore l’Ecriture : « Qu’il fallait qu’Il ressuscitât d’entre les morts ».

Trad. Segond  :

6. Simon Pierre qui le suivait, arrive. Entrant dans le tombeau, il voit les bandelettes qui gisent là :

7. et le linge qui était sur la tête de Jésus ; ce linge ne gisait pas avec les bandelettes mais il était roulé à part, dans un autre lieu :

8. Alors l’autre disciple, qui était arrivé le premier au tombeau, entra aussi ; il vit et il crut.

9. Car ils n’avaient encore compris l’Ecriture, selon laquelle il devait se relever d’entre les morts.

NB. On voit, une fois encore que même à partir du texte grec, les traductions ne sont pas claires « linges-bandelettes, suaire-linge » (!?). On comprend que des « diatribes » sur les mots puissent éclater, comme cela eut lieu, on ne le sait que trop.

Texte hébreu  :

׃ לְבַדָּם מֻנָּחִים ים אֶת־הַתַּכְרִיכִ וַיַּרְא אֶל־הַקָּבֶר וַיֵּרֶד אַחֲרָיו בָּא פֶּטְרוֹס וְגַם־שִׁמְעוֹן 6. ׃ אַחֵר בְּמָקוֹם לְבַדָּהּ אִם־צְנוּפָה כִּי עִם־הַתַּכְרִיכִים אֵינֶנָּה עַל־רֹאשׁוֹ הָיְתָה אֲשֶׁר וְהַמִּטְפַּחַת 7.

׃ וַיַּאֲמֵן וַיַּרְא אֶל־הַקֶּבֶר רִאשׁוֹן אֲשֶׁר־ בָּא הָאַחֵר גּם־הַתַּלְמִיד שָׁם וַיֵּרֶד 8.

׃ מִן־ הַמֵּתִים לָקוּם לוֹ נָכוֹן כִּי אֶת ־הַכְּתוּבִים עוֹד לֹא ־הֵבִינוּ עַד־עַתָּה כּי 9.

Lecture FC. : les mots traduisant l’hébreu classique sont en italiques en dessous des mots en lecture FC.

6. Ouégam-Schiméhooun Pètéroous Bôh Haécharôdjou Ouadjdjerèd Hèl-Haqqôbèr Ouadjdjaréh

et aussi (Simon) Pierre dans montagne et descendre vers sépulcre et voir

Hèth-Haththakéridjkidjm Mounnôchidjm Lébaddôm :

Accus. Le suaire(manteau) poser à part, seul

7. Ouéhammitépachath Ehaschèr Hôdjéthoh Hal-Rohschoou Hedjnènnôh Him-Haththakéridjkidjm

et foulard de tête qui couvrir sur tête il n’est pas avec vêtements (linges)

Kidj Him-Çénouophôh Lébaddôh Bémôqooum Hacher :

Mais part. passé envelopper être à part dans lieu derrière, après

8. Ouadjderèd Schôm Gam-Haththalémidjd Hôhacher Ehaschèr-Bôh Rihschooun Hèl-Haqqèbèr

et descendre alors aussi le disciple le autre qui / que premier vers sépulcre

Ouadjdjaréh Ouadjdjaehamen :

Et voir et croire

9. Kidj Had-haththôh Lho-Hebidjnouo Hooud Hèth-Hakéthouobidjm Kidj Nôkooun Loou Lôqouom

mais jusque alors ne pas savoir encore (accus.) écritures mais devoir si enlever

Min-Hammethidjm

Hors de les morts

ANALYSE : verset 6

Ouégam - Schiméhooun Pètéroous

Oue Ga M Sch Imé Ho Oun Pèteroous

Ouah Kha Ma Dji Hep Ho Onh -

Irruere pro locus accipere subducere vultus cognoscere Petrus

Se précipiter dans, pour lieu admettre disparaître apparence comprendre Pierre

disparition

Bôh Haécharôdjou Ouadjdjerèd

Bôh Hae Char Ô Djou Oua Dj Djar Èd

Moh Hae Djer O Schobe Oua Ke Djel Hèt

Implere novissimus explorare res convertere unus ponere vestire mens

Réaliser le + nouveau vérifier chose bouleverser un poser sur, vêtir esprit

le + singulier événement vêtement

Hèl - Haqqôbèr Ouadjdjaréh

H Èl Haq Qô Ber Ouadj Djar Eh

Hè Al Hadj Kha Bel Ouasch Djôlh Hiè

Facies lapis dolor in exponere album esse vestis vestigium

Image pierre douleur sur reproduire être blanc vêtement trace

Hèth - Haththakéridjkidjm

H Èth Ha Th Tha Ridj Ki Djm

Hè Eth Hi The Tha Hrosch Schi Schm

Conspectus qui ab similes reddere confirmare forma debilitare

Visible, apparent qui après semblable restituer confirmer forme blesser

de manière sembl. prouver

Mounnôchidjm Lébaddôm :

Mou Nnô Chidj M Léb Ad Dôm

Mou Ni Djak Me Lem Ethe Djoobe

Mors hoc restituere verus homo ultra elevare

Mort cet rétablir vrai homme au dessus s’élever

restituer véritable par delà élever

Texte coordonné du verset 6

Pierre se précipita dans le lieu pour admettre et éclaircir l’apparente disparition ; ayant vérifié, il réalisa que l’événement des plus singuliers bouleverserait les esprits ; un vêtement était posé sur la pierre, l’image douloureuse était reproduite sur ce vêtement blanc, traces visibles qui restituaient de manière semblable les formes blessées et prouvait, après sa mort, le véritable rétablissement de cet homme s’étant élevé par delà (le linge : vêtement).

ANALYSE : verset 7

Ouéhammitépachath Ehaschèr

Oué Ham Mi Tép A Chath Eha Scher

Ouèou Hièb Mei Tap E Cath Aha Kel

removere agnus dare caput qui contextus ita complicare ou plicare

retirer agneau placer tête qui tissu de la sorte que enroulé plier

Ôter Messie

Hôdjéthoh Hal- Rohschoou Hedjnènnôh

Hô Djé Thôh Hal Roh Schoou Hedj Nè Nno H

Ho Dji To Hara Ro Kaoui Hok Neh Ni He

Facies reddere flexus pro caput alius cingere dispergere hae etiam

Visage restituer courbe en avant tête autre envelopper déployer celle-ci en outre

reproduire

Him - Haththakéridjkidjm Kidj

Him Hath Thak E Ridj Kidj M Ki Dj

Hemi Hat Tadj E Resch Schèschi Mi Dji Çe

Administrare excoriare gleba ab sufficere verbera qui reddere igitur

Présenter blesser glèbe par imprégner, fouets qui rendre donc

meurtrir encens verges ê. le signe

corps, cadavre de

Him - Çénouophôh Lébaddôh

Him Çén Ouo Phôh Lé Bad Dôh

Hibe Çin Ouoh Phas Re Peht Tôh

Humiliari habere et unguentum esse effundere miscere

Humilier avoir et, puis huile, onguents être verser mêler, mélanger

Être humilié

Bémôqooum Hacher

Bémo Qoou M Hach Er

Babe Kio(o)u N Aschei Areh

Evanescere sanguis quod multiplicare custodio

Évaporer sang ce que augmenter conservation

sécher

Texte coordonné du verset 7  :

Le tissu qui, placé sur (autour de) la tête de l’Agneau (le Messie), avait été retiré, enroulé - de sorte que les courbes du visage soient restituées - en avant et à la tête de l’autre (tissu) (qui) l’enveloppait ; en outre celui-ci déployé, présentait l’imprégnation du corps meurtri par les fouets, qui étaient le signe de l’humiliation ; et puis l’on avait versé des onguents qui s’était mélangé au sang séché : réalité remarquable et éclairante.

Note (*) : Il semble d’après cette interprétation que la « coiffe » qui entourait la tête de NSJC « ait été enlevée en premier » (comment, par qui ?) afin que ses traits puissent apparaître complètement sur le Linceul. Voir la note complète à la fin.

Analyse du verset 8

Ouadjderèd Schôm Gam- Haththalémidjd

Oua Dj Djer D Schô M Ga M Hath Thal Émi Djd

Auo Sche Djel D Sche Me Çs Hm Athe Thel Imi Djat

Et filius abnegare, et sequi amare dominus, in primus tumulus intelligere, introducere

et fils renier et suivre aimer seigneur de le 1 er tombeau, comprendre, entrer dans

Hôhacher Ehaschèr- Bôh Rihschooun

Hô Ha Cher Eha Sch Er Bôh Ri H Schoun

Hos Hô Djere Hè Sch Re Moh R Hi Çooune

Filum sufficere loqui facies impressio facere plenus esse mittere pannus

Tissu imprégner parler forme impression faire en entier, être envoyer bandeau

Linge marque représenter serre-tête

Hèl - Haqqèbèr Ouadjdjaréh

Hè L Ha Q Qè Ber Oua Dj Dja Djar Éh

Ho R Hè Kè Çe Pheri Ouah Dji Kha Schar E

Forma facere facies constitui, praeter, gloriosus movere efferre in pellis quae

Image faire face poser en avt de, glorieux mouvoir soulever sur enveloppe, laquelle

représenter

Ouadjdjaehamen  :

Oua Dj Dja R Ha Me N

Oua Djo Kha A Hè Me Ni

Unus existimare super esse conspectus veritas hae

Unique croire à au-dessus être apparent vérité celle-ci

réalité

Texte coordonné du verset 8  :

Et celui qui avait renié le Fils, entré le premier dans le tombeau fut suivi de l’aimé du Seigneur et ils comprirent la Parole (prophétie) : le linge imprégné représentait les marques de Ses formes en entier, le bandeau (serre-tête) était laissé à côté, représentant l’image de Sa glorieuse Face et posé en avant de l’enveloppe sur laquelle étaient apparents les mouvements le soulevant au-dessus de celle-ci ; et il crut à l’unique Vérité (réalité).

Analyse verset 9 .

Kidj Had- haththôh Lho-

Ki Dj Ha D Hath Thô H Lho

Skhi Çi A Te Hèt Tha Hi Rô

Scriptura apprehendere facere modus ad res propria et praesens et ipse

Écriture comprendre faire que manière jusqu’à événements actuels et précisement

Hebidjnouo Hooud Hèth-

Hebi Djno Uo Hooud Hè Th

Hiéb Tôn Ouô Houit Hi The

Agnus resurrectio nuntiare primus germinare sicut

Agneau resurrection annoncer le premier engendrer aussi vrai que

Hakéthouobidjm Kidj

Hak K Éth Ouo Bidj M Kidj

Hak Ke Ath Ouoh Masch N Çeet

Scientia etiam non sectator potiri qui dubitare

Science, savoir encore ne pas disciple être en possession de qui mettre en doute, douter

connaissance

Nôkooun Loou Lôqouom Min-

Nôk Ooun Lo Ou Lô Q Ouom Mèn

Nodj Ouônh Ro Oou La Çe Moou Pene

Magnus adnuntiare os gloria cessare igitur mors exercere

Grand, important prédire parole gloire anéantir ainsi mort se mettre en mouvement

prophétiser

Hammethidjm

Ha M Me Thidj M

Hè Me Bi Tadj Pe

Initium veritas elevari gleba esse

Commencement vérité s’élever corps être

Texte coordonné verset 9  :

Les Ecritures comprises (à leur) manière faisaient que - jusqu’à cet événement unique et actuel, précisément la résurrection annoncée du Messie, aussi vrai qu’il était le premier engendré - les disciples qui n’étaient pas encore en possession de cette connaissance (des Ecritures) avaient mis en doute l’importance de cette prophétie : « La Parole glorieuse anéantira la mort ; ainsi son corps se (re)mettra en mouvement, s’élèvera ; ce sera le début de la Vérité.

Texte complet des versets 6, 7, 8, 9

Pierre se précipita dans le lieu, pour comprendre et éclaircir l’apparente disparition ; ayant vérifié, il réalisa qu’un événement des plus singuliers bouleverserait les esprits ; un (le) vêtement était posé sur la pierre, l’image douloureuse étant reproduite sur ce vêtement blanc, traces visibles qui restituaient de manière semblable les formes blessées et prouvait, après sa mort, le véritable rétablissement de cet homme s’étant élevé par delà (le linge : vêtement).

Le tissu qui, placé sur la tête de l’Agneau (le Messie), avait été retiré, enroulé (plié ou replié) - de sorte que les courbes du visage soient restituées * - en avant et à la tête de l’autre (tissu) (qui) l’enveloppait ; en outre celui-ci déployé, présentait l’imprégnation du corps meurtri par les fouets, qui étaient le signe de l’humiliation ; et puis l’on avait versé des onguents qui s’étaient mélangés au sang séché, ce qui en augment(er)ait la conservation.

Et celui qui avait renié le Fils, entré le premier dans le tombeau, fut suivi de l’aimé du Seigneur et ils comprirent la Parole (prophétie) : le linge imprégné représentait les marques de Ses formes en entier, le bandeau (serre-tête) était laissé à côté, représentant l’image de Sa glorieuse Face et posé en avant de l’enveloppe sur laquelle étaient apparents les mouvements le soulevant au-dessus de celle-ci ; et ils crurent à l’unique Vérité (réalité).

Les Ecritures comprises (à leur) manière faisaient que - jusqu’à cet événement unique et actuel, précisément la résurrection annoncée du Messie, aussi vrai qu’Il était le premier engendré -, les disciples qui n’étaient pas encore en possession de cette connaissance (des Ecritures) avaient mis en doute l’importance de cette prophétie : « La Parole glorieuse anéantira la mort ; ainsi son corps se (re)mettra en mouvement, s’élèvera ; ce sera le début de la Vérité.

Note (*) proposée par Gonzalo Dechamps, membre du Cielt et auteur de l’aticle sur le Linceul paru dans Science & Foi n° 68 : Il semble d’après cette interprétation que la « coiffe » qui entourait la tête de NSJC « ait été enlevée en premier » afin que ses traits puissent apparaître complètement sur le Linceul. Ce linge est-il la Coiffe conservée à Cahors ou le Soudarion vénéré à Oviedo ? Ce que St Jean dit – à partir de cette interprétation suivant la méthode de F.Crombette – est qu’il avait été ôté pour ne pas masquer les traits du visage. Comme le « Coiffe » ne masquait pas le visage mais seulement les cheveux, il nous faut admettre que ce « linge » mystérieux serait le Soudarion et non la coiffe car lui seul masquait le visage. On peut donc en conclure – sur cette base – que « Jean range la Coiffe parmi les òθονια, les linges funéraires, sans autre précision.

Commentaire (G.Dechamps – A.Fournier) .

La méthode FC apporte un éclairage nouveau et saisissant aux versets 6-9 du chap . 20 de St Jean relatant la visite des apôtres Pierre et Jean au tombeau. Grâce à elle, nous comprenons enfin le spectacle extraordinaire qu’ils avaient devant les yeux. En fait, ils ont vu deux choses : l’Image du Ressuscité restituant la forme des plaies dont Son Corps était couvert et prouvant le rétablissement de cet homme s’étant « élevé par delà le Linceul » et le tissu (le Soudarion d’Oviedo) qui était placé sur la tête avait été retiré afin de permettre l’impression des traits du visage et apparaissait distinctement, à hauteur de la tête, affaissé sur lui-même, enveloppé dans le Linceul. On pouvait penser, à la suite de John Jackson que l’image n’était apparue qu’après un long vieillissement du Linceul. Dans l’interprétation de Claude Alain, il semble bien qu’il n’en était rien : l’image était visible dès la Résurrection et on comprend alors, et alors seulement, parfaitement le saisissement de Jean et sa conclusion lapidaire : «  Il vit et il crut ».

La circonlocution « prouvant le rétablissement de cet homme s’étant élevé par delà le Linceul » est d’une richesse inouïe :

- d’abord St Jean affirme clairement que pour lui, le Linceul constitue la preuve absolue de la Résurrection, ce qui met fin aux vaines mises en garde des théologiens modernistes selon lesquels le Linceul ne doit en aucun cas être considéré comme une preuve de la Résurrection de Jésus mais simplement comme un « signe », terme réducteur qui travestit le témoignage objectif de St Jean.

  • ensuite, les mots « rétablissement de cet homme s’étant élevé par delà le Linceul » semblent indiquer que le Christ se serait redressé lors de la formation de l’image et aurait traversé le Linceul. Ceci mettrait fin à toutes les supputations sur la position du Corps pendant la formation de l’image. L’image représente Jésus debout, ainsi que l’indique le fait que les cheveux tombent naturellement car, ils se seraient étalés sir le corps avait été couché. Cette formation apparaît comme un miracle absolu qui échappe complètement à toutes les contraintes physiques de la matière. Cette périphrase est même plus appropriée que le seul mot résurrection qui est à double sens selon qu’il s’applique au Christ ou aux résurrections qu’Il avait suscitées pendant sa vie publique car elle rend compte du fait que le corps de Jésus, non seulement était revenu à la vie, mais à une forme de vie supérieure – GLORIEUSE – où son corps matériel a été complètement absorbé par son corps spirituel .
  • Le Corps ressuscité de Jésus, toujours vivant dans l’unité du Saint Esprit, présente des propriétés surnaturelles que les Evangélistes nous décrivent sans pouvoir les expliquer. Ces propriétés expliquent en grande partie les particularités de l’image du Linceul.
  • La foi de l’Eglise désigne la ré-appropriation du corps physique de Jésus par son corps spirituel par l’expression « résurrection de la chair ».
  • Enfin nous terminerons en soulignant l’accent d’authenticité des détails mentionnés dans l’interprétation de Claude Alain, tels que le fouet, « signe d’humiliation » ou encore les onguents mélangés au sang séché « afin d’en assurer la conservation ». Cela ne s’invente pas et PLAIDE PUISSAMMENT EN FAVEUR DE LA METHODE DE F.CROMBETTE par le copte monosyllabique « REVELATION D’UN SENS DES ECRITURES QU’ELLE (l’Eglise) N’A POINT ENCORE CONNU », ainsi que Jésus l’avait promis à Marie des Vallées, l’inspiratrice de St Jean Eudes en 1646.

COMMENTAIRE GENERAL (A. Fournier)

On pourra s’étonner de l’utilisation de la méthode de F. Crombette sur un texte – hébreu certes – mais ne faisant pas partie de l’Ancien Testament. Ce texte, grec évidemment dans ce qui a été retenu par l’Eglise, n’en a pas moins été pensé et, sans doute écrit d’abord en hébreu, avec peut-être des araméismes, comme nous l’avons dit à la suite de l’Abbé Carmignac et de Claude Tresmontant, et ce bien plus tôt chronologiquement que ce qui a été dit. Quoiqu’il en soit, il nous a semblé intéressant de faire cet essai, avec les précautions et les moyens suivants :

  1. Tous les mots hébreux utilisés devaient se retrouver dans le Grand Dictionnaire d’Hébreu et d’Araméen Biblique de Philippe Reymond, Dr en Théologie, Ed. du Cerf 1991.
  2. Vérifier, autant que faire se peut, la valeur des ponctuations massorétiques. En fait ce sont surtout les signes de cantillation qui manquent, plus, il est vrai, quelques signes tels que le mounach ┘ (sauf dans la version « 1864 » Carmignac) que FC décompose quand il le trouve en un pathah ַ (lu a) et un métheg, ֽ auquel cas, renforcé il faut le lire « ha ».
  3. Le texte utilisé, ici en premier, est donc celui de la version faite par L.Segond, Dr en Théologie, d’après le texte grec et que l’on trouve dans le « Nouveau Testament en Hébreu ». et les versions « Carmignac » (Op. cit. en introduction).

Nous y avons pensé car la méthode de F.C., appliquée à des mots qui n’existaient pas « Ante Chistum Natum », et que nous trouvons dans des dictionnaires hébraïques, fonctionne très bien comme nous en avons donné la preuve souvent.

La chose est donc surprenante, nous le reconnaissons. Il n’ y a en tout cas pas de différences notoires entre l’hébreu de l’AT et celui utilisé ici. On ne voit donc pas très bien pourquoi, pour autant que ce soit les mêmes mots et les mêmes particularités grammaticales, on ne pourrait pas utiliser la méthode de F.C pour interpréter le Nouveau dans ses versions hébraïques.

On trouvera, juste ci après, la version « 1864 » du même texte de St Jean, mais tirée du Vol.V des textes hébraïques du NT rassemblés par Carmignac chez Brepols. (v. Introduction). Il nous a paru intéressant, par souci d’être le plus complet possible d’appliquer également la méthode FC à cette traduction qui est sans doute plus complète et plus exacte sur le plan de la langue hébraïque . On pourra ainsi comparer.

Jean 20, versets 6-9 (Carmignac « 1864 »). Claude ALAIN.

Trad. Vigouroux  :

6. Pierre, qui le suivait, vint aussi, et entra dans le sépulcre et vit les linges posés à terre.

7. Et le suaire qui couvrait sa tête, non point avec les linges, mais plié en un lieu à part.

8. Alors donc entra aussi l’autre disciple qui était venu le premier au sépulcre et il vit et il crut.

9. car ils ne savaient pas encore l’Ecriture : « Qu’il fallait qu’Il ressuscitât d’entre les morts ».

Trad. Segond  :

6. Simon Pierre qui le suivait, arrive. Entrant dans le tombeau, il voit les bandelettes qui gisent là :

7. et le linge qui était sur la tête de Jésus ; ce linge ne gisait pas avec les bandelettes mais il était roulé à part, dans un autre lieu :

8. Alors l’autre disciple, qui était arrivé le premier au tombeau, entra aussi ; il vit et il crut.

9. Car ils n’avaient encore compris l’Ecriture, selon laquelle il devait se relever d’entre les morts.

T exte hébreu ( version « 1864 » de « Traductions hébraïques des Evangiles » rassemblées par J.Carmignac. Brepols Ed. 1985 ).

מֻנָּחוֹת׃ נוֹת T † אֶת־הַכֻּ וַיַּרְא אֶל־הַקָּבֶר פְנִימָה וַיּבוֹא אַחֲרָיו è הָלוֹ פֶּטְרוֹס שִׁמְעוֹן בָא אָז 6

לְבָדָד אִם־כְּרוּכָה כִּיִ נוֹת T † עִם־הַכֻּ מֻנַּחַת אֵינֶנָּה עַל־ראׁשׁוֹ הָיְתָה אֲשֶׁר וְהַמִּטְפַּחַת 7

׃ ד אֶחָ בְּמָקוֹם

׃ וַיַּאֲמֵן וַיַרְא אֶל־הַקָּבֶר רִאשׁוֹן הַבָּא הָאַחֵר הַתַּלְמִיד נַּם פְנִימָה בָּא אָז 8

׃ הַמֵּתִים מֵעִם יָקום אֲשֶׁר הוּא è צַרִי כִּי אֶת־הַכְּתָב לׁא־יָדְעוּ עוֹד בִּיִ 9

NB Rappel . Ce texte comporte, contrairement à la version Segond, le mounach ┘ sous certaines lettres, mounach que FC lit de façon particulière (v. le Cahier sur la Méthode et remarque ci-dessus). Notre logiciel ne permettant pas de le transcrire nous indiquons ci-dessous les endroits où il se trouve :

Sous le Beth (1 ère lettre du 2 ème mot, v. 6) – sous le Lamed (2 ème lettre du 5 ème mot v. 6) - sous le Aleph (1 ère lettre du 1 er mot v. 8) – Sous le Beth (1 ère lettre du 2 ème mot v. 8) – sous le Mem (4 ème lettre du 5 ème mot v. 8) – sous le Resch (2 ème lettre du 8 ème mot v. 8).

D’autre part, si l’on compare les trois versions « 1864 » (Carmignac) et Segond nous trouvons pour « Carmignac » 55 mots hébreux pour 53 dans Segond, dont 31 mots semblables dans les deux versions. (Cfr. la note générale au début).

Lecture FC du verset 6 :

6. Hôz Bôhah Schiméhooun Pètéroous Hôlhaoouké Hâecharôdjou Ouadjdjôboouh Phénîdjmôh Hèl-

alors vet. de lin Simon Pierre aller/marcher montagne et entrer à l’intérieur vers

Haqqôbèr Ouadjdjaréh Hèth-Hakkouththônouth Mounnôchoouth.

Sépulcre et voir (accus) la tunique lieu de repos ?

Analyse  du verset 6 .

Hôz Bôham Schiméhooun Pètéroous

H Ôz Bôha H Schimé H Ooun Pètéroous

He Odj Mahe Hi Kheibi Ha Aouan -

Cadere latro linum et tegere magister corpus Petrus

Tomber garde vêtement de lin et couvrir maître corps Pierre

Disparaître soldat

(on se souviendra que Schiméooun – Simon – pouvait donner « celui qui avait renié » autre exemple illustré ici des lectures multiples).

Hôlhaoouké Hâecharôdjou Ouadjdjôboouh

Ho Lha Oou Ké Hâe Charô Djou Oua Dj Djô Boou H

Hi Al Eou Ke Hei Kharôou Kôs Iau Schi Dji Moou Ha

Cum lapis in ponere venire inanis sepulcrum linum forma reddere mors in

Lorsque pierre sur poser venir vide sépulcre lin image rendre mort sur

Entrer vêt. de lin reproduire

Phénîdjmôh Hèl- Haqqôbèr

Phé Nidj Môh He L Ha Qqô Be R

Me Nadj Moh Hè R Ha Kô Pè R

Veritas verberari adspectus conspectus esse caput deponere ille esse

Vérité battre de verges vision remarquable être tête mettre de côté celui-ci être

Réalité frappant

Ouadjdjaréh Hèth- Hakkouththônouth

Oua Djaré H Heth Ha K Kou Thonoou Th

Ouah Sôli (*) Ha Eth Ai Ke Seou Tonô Thaé

Addere soudarium facies qui esse auferre tempus valde ultimus

Mettre en plus soudarion image qui être retirer occasion , certainement dernier

Superposer temps, fois

Mounnôchoouth .

Mou Nn O Cho Outh

Mhau Hn O Kôs Oute

Sepulcrum cum esse sepelire in

Sépulcre lorsque être ensevelir dans

Texte Coordonné du verset 6  :

Les gardes (soldats) étaient partis ; le vêtement de lin qui avait couvert le Corps du Maître était posé sur la pierre lorsque Pierre entra dans le sépulcre vide. Sur le vêtement de lin était restituée l’image du cadavre fustigé (battu de verges) : vision qui était d’une réalité (vérité) remarquable (frappante). A la tête de celui-ci (le vêtement), et mis de côté, était le « soudarion » restituant des images superposées et qui avait certainement été retiré une dernière fois lorsqu’il fut enseveli dans le sépulcre.

Analyse du verset 7 .

לְבָדָד אִם־כְּרוּכָה כִּיִ נוֹת T † עִם־הַכֻּ מֻנַּחַת אֵינֶנָּה עַל־ראׁשׁוֹ הָיְתָה אֲשֶׁר וְהַמִּטְפַּחַת 7

׃ ד אֶחָ בְּמָקוֹם

LECTURE FC:

Ouéhammitépachath Ehaschèr Hôdjethôh Hal- Rhoschoou Hédjnènnôh Mounnachath Him-

Et le foulard de tête que, qui couvrir sur tête il n’y a pas lieu repos avec

Hakkouththanoouth Kîidj Him- Kérouokôh Lebôdôd Bemôqooum Héchad.

linges , tunique Certes plier ? être à part dans lieu

Analyse (v. 7)

Ouéhammitépachath Ehaschèr

Oué Ham Mi Tép Ach Ath E Ha Sch Èr

Ouoi Hba Bé Tam Esch Hèt A Ho Ke Al

Venire tristis monumentum stargulum cum in esse adspectus ponere lapis

Venir triste tombeau linceul lorsque dans être aspect poser pierre

Entrer monument fun. aperçu, vu

Hôdjethôh Hal- Rhoschoou Hédjnènnôh

Hô Djé Thôh Hal Rho Sch Oou Hédj Nè Nn Oh

Hô Çe Taho Ièr Ro Skhi Ouô Hos Na N Oui

Etiam sed comprehendere celer os scriptura, res filum sane qui protegere

Aussi mais comprendre rapide parole evriture chose tissu complètement, qui protéger (couvrir)

Mounnachath Him- Hakkouththanoouth

Moun Na Cha Th Hi M Ha K Kouth Tha No Outh

Poone N Kha Tho Hi Mè Ha Çè Kôt Thè Nô Ouôt

removere extrahere ab facies in monumentum in alius dedicare sicut typus unus

écarter retirer par (au fait), face dans tombeau sur autre révéler en qq sorte, image un

Kîidj Him- Kérouokôh Lebôdôd

Kîi Dj Hi M Ké Rouo Kôh Le Bô Dôd

Chi Ssch Hè Pi Dji Loou Chô Re Bô Djadjô

Facere vulnus facies qui tangere vestis constituere facere capillus collum

Faire blessure visage qui imprégner, voile poser sur faire cheveux cou

Vêtement représenter

Bemôqooum Héchad.

Bé Môq Ooum Hé Chad

Pho Mokh Oueeb Hè Ket

Facies dolor sanctus conspectus reliquus

Face douleur saint remarquable relique

TEXTE COORDONNE verset 7.

Il fut triste lorsque, entrant dans le tombeau il vit le linceul posé sur la pierre, mais rapidement il comprit aussi la réalité des Ecritures et de la Parole (prophétique). Le tissu qui avait complètement couvert la Face était à l’écart du fait qu’il avait été retiré dans le tombeau ; il révélait en quelques sorte des images les une sur les autres ; les blessures faites au Visage qui avaient imprégné le voile posé du cou aux cheveux, représentaient Sa Sainte Face douloureuse, relique remarquable.

Analyse du verset 8 .

׃ וַיַּאֲמֵן וַיַרְא אֶל־הַקָּבֶר רִאשׁוֹן הַבָּא הָאַחֵר הַתַּלְמִיד נַּם פְנִימָה בָּא אָז 8

Lecture FC :

Hôhaz Bôhah Phénidjmôh Gam Haththalémihadjd Hahacher Habbôh Rihschooun Hèl-Haqqôber

Alors entrer à l’intérieur aussi le disciple le qui parvenir premeir vers tombeau

Ouadjdjarèh Ouadjdjâéhamen :

Et voir et croire

ANALYSE :

Hôhaz Bôhah Phénidjmôh

Hô H Az Bô Ha H Phé Nidj Môh

Hô He Ath Bè Ha Ha Me Niat Mahe

Consistere procedure non monumentum prae magister, amare observare, linum

S’arrêter aller + loin ne ..pas monument devant maître aimer observer lin

tombeau examiner vêt. de lin

Gam Haththalémihadjd Hahacher

Ga M Ha Th Tha L Emi Hadj Ha Hache R

Kô Me Hi The Tha Ra Eini Hadj Hi Hischah R

Idola verax in similis reddere actio forma dolor in inflammare facere

Image réel dans, à pareil restituer action forme douleur dans, sur brûler faire

Habbôh Rihschooun Hèl- Haqqôber

Ha B Bôh Rihsch Ooun Hèl Haq Qô Bèr

Hi Bi Mahe Rôsche Ehooun Hal Hak Chô Pher

Cum elevari linum sufficere transire error scientia concedere adnuntiare

Lorsque s’élever lin imprégner traverser , ignorance, science, céder à annoncer

Vêt. de lin passer à travers prédire

Ouadjdjarèh Ouadjdjâéhamen 

Ouadj Dja Rèh Ouadj Djâéha Men

Ouôsch Djô Ra Baschi Taho Men

Beneplacitum existimare actio cadaver resuscitare cum

Volonté de Dieu croire à action mort ressusciter à ce moment

(bon plaisir) accomplissement

TEXTE COORDONNE du verset 8  :

N’étant pas allé plus loin et s’étant arrêté devant le tombeau du Maître, l’aimé (Jean) examina le vêtement de lin : la réelle et douloureuse image restituait Ses formes telle une brûlure faite sur le vêtement de lin lorsqu’il l’imprégna, s’élevant et le traversant. L’ignorance cédant à la connaissance de la prophétie (prédire), il crut à l’accomplissement de la volonté de Dieu et, à ce moment, à la résurrection du mort.

Analyse du verset 9

Texte hébreu :

׃ הַמֵּתִים מֵעִם יָקום אֲשֶׁר הוּא è צַרִי כִּי אֶת־הַכְּתָב לׁא־יָדְעוּ עוֹד בִּיִ Lecture FC :

Kîidj Hooud Lho Djadéhouo Hèth- Hakkétob Kidj Çorihadjké Houoh Ehaschèr Djôqouom Mehîm

Mais encore ne pas connaître accusatif ecrire car devoir il que se relever

Hammethîdjm.

mort

Kîidj Hooud Lho Djadéhouo

Kîi Dj Ho Oud Lho Djad E Houo

Skhi Çi Hè Oud Rô Kat E Ouô

Scriptura accipere ratio sine idem convertere in res

Ecriture comprendre discernement sans aussi bouleverser par chose

événement

Hèth - Hakkétob Kidj

Hè Th Ha K Ké Tob Kidj

Hiè Tho Hi Çi Ça Tom Kiti

Vestigium adspectus cum perfodere forma stragulum desudare

Traces visible parce que transpercer forme lincuel suer

(suer sang et eau)

Çorihadjké Houoh Ehaschèr Djôqouom

Ço Ri Ha Dj Ke Houoh Eha Schèr Djôq Ouom

Kôs Re Ha Djô Dji Hbooc Ehe Djer Djôk Ouop

Cadaver, esse prae altitudo effere linteum ita exscindere mors fulgere

Cadavre être au dessus, sublimité soulever ; linge aussi anéantir mort éclairer

Mehîm Hammethîdjm

Me Hîm Ham Me Thi Dj M

Me Imi Hap Me Ti Dje M

Verus cognitio sacrificatio amor deus adnuntiare mittere

Véritable connaissance sacrifice amour Dieu prédire envoyer

TEXTE COORDONNE du verset 9 :

Les Ecritures ayant été comprises sans discernement, ils furent ainsi bouleversés par l’événement : des traces visibles de ses formes avaient transpercés le linceul parce qu’il avait sué sang et eau. Son corps sublimé s’était soulevé au dessus du linge anéantissant ainsi la mort et éclairant la véritable connaissance du sacrifice d’amour et de la prophétie de l’Envoyé de Dieu.

Texte complet des versets 6-9

Les gardes (soldats) étaient partis ; le vêtement de lin qui avait couvert le Corps du Maître était posé sur la pierre lorsque Pierre entra dans le sépulcre vide. Sur le vêtement de lin était restituée l’image du cadavre fustigé (battu de verges) : vision qui était d’une réalité (vérité) remarquable (frappante). A la tête de celui-ci (le vêtement), et mis de côté, était le « soudarion » restituant des images superposées et qui avait certainement été retiré une dernière fois lorsqu’il fut enseveli dans le sépulcre.

Il fut triste lorsque, entrant dans le tombeau il vit le linceul posé sur la pierre, mais rapidement il comprit aussi la réalité des Ecritures et de la Parole (prophétique). Le tissu qui avait complètement couvert la Face était à l’écart du fait qu’il avait été retiré dans le tombeau ; il révélait en quelques sorte des images les une sur les autres ; les blessures faites au Visage qui avaient imprégné le voile posé du cou aux cheveux, représentaient Sa Sainte Face douloureuse, relique remarquable.

N’étant pas allé plus loin et s’étant arrêté devant le tombeau du Maître, l’aimé (Jean) examina le vêtement de lin : la réelle et douloureuse image restituait Ses formes telle une brûlure faite sur le vêtement de lin lorsqu’il l’imprégna, s’élevant et le traversant. L’ignorance cédant à la connaissance de la prophétie (prédire), il crut à l’accomplissement de la volonté de Dieu et à ce moment à la résurrection du mort.

Les Ecritures ayant été comprises sans discernement ( auparavant ), ils furent ainsi bouleversés par l’événement : des traces visibles de ses formes avaient transpercé le linceul parce qu’il avait sué sang et eau. Son corps sublimé s’était soulevé au dessus du linge anéantissant ainsi la mort et éclairant la véritable connaissance du sacrifice d’amour et de la prophétie de l’Envoyé de Dieu

§§§

On trouvera en outre ci-dessous le « même moment » décrit, en plus succinct, par St Luc

Luc, 24, verset 12 (Segond). Par Claude ALAIN.

Traductions Classiques  : (Nous utilisons à nouveau - pour le texte français - Vigouroux dans sa Polyglotte -, et Segond, collant plus, nous semble t-il, au texte original)  :

Vigouroux  :

Cependant, Pierre, se levant, courut au sépulcre ; et s’étant penché il ne vit que les linges posés à terre, et il s’en alla admirant en lui-même ce qui était arrivé.

Segond  :

Mais Pierre se leva, et courut au sépulcre. S’étant baissé, il ne vit que les linges qui étaient à terre ; puis il s’en alla chez lui, dans l’étonnement de ce qui était arrivé.

Texte hébraïque :

אִם־הַתַּכְרִיכִים כִי וְלאׁ־רָאָה תּוֹכוֹ אֶל־ לִרְאוֹת וַיִּשַּׁח אֶל־הַקֶּבֶר וַיָּרָץ פֶּטְרוֹס וַיָּקָם 12

׃ נַעֲשָׂה עַל־אֲשֶׁר מִשְׁתָּאֶה לְבֵיתוֹ וַיָשָׁב לְבַדָּם

LECTURE FC  :

Ouadjdjôqôm Pèteroous Ouadjdjôrôç Hèl-Haqqèbèr Ouadjdjischschach Liréhoouth Hèl-Thooukoou

Et se lever Pierre et courir vers sépulcre et se baisser voir vers milieu

Ouélho-Rôhôh Kidj Him-Haththakéridjkidjm Lébaddôm Ouadjôschôb Lébedjthoou Mischéththôhèh

et ne pas voir seulement si Les linges (suaire) posé à part et retourner à la maison admirer

Hal-Ehaschèr Naehasôh

Ce Que advenir

ANALYSE  :

Ouadjdjôqôm Pèteroous

Oua Dj Djô Qô M Pè Tér Oou S (Pierre)

Ouoh Sa Kô Kôs Ma Phè Djel Ouô Sa

Sectator, ad profiscere sepulcrum locus qui abnegare, fama in

Disciple vers aller, partir sepulchre lieu celui qui renier réputation, pour

Ouadjdjôrôç Hèl- Haqqèbèr

Oua Dj Djô Rôç H Èl Ha Qqèb Èr

Iau Ke Djô Rôsche Ha La He Djem Ier

Linum constitui inclinare caput videre magister, porta ita invenire celer

Vêtmt de lin posé, placé incliner la tête voir maître porte ainsi entrer rapide

dans

Ouadjdjischschach Liréhoouth

Ou Adj Djisch Scha Ch Lire Hoouth

Ouô Osch Djischi Dja Dje Lale Hoeite

Res ponderari magnus dicere adnuntiare tangere vestis

Événement mesurer, évaluer important dire, parler annoncer recouvrir, vêtement

Hèl - Thooukoou Ouélho- Rôhôh

Hel Thoou Ko Ou Oué Lho Rô Hôh

El Tôb Ça Ôb Ouôh Ro Rô Ho

Esse obsignare sigillo forma deprimere tegere filum ipse facies

Être imprimer une empreinte forme affaisser couvrir tissu lui-même face, visage

un sceau

Kidj Him- Haththakéridjkidjm

Ki Dj Him Hath Tha Ke Ridj Kidj M

Çe Kè Hina Et Tè Kes Resch Djes Me

Praeter constitui ut cum ille sepelire sufficere tollere amare

À part posé parce que lors de celui-ci ensevelir, imprégner enlever aimer

Lébaddôm Ouadjôschôb Lébedjthoou

Le B Ad Dôm Ou Adj Ô Schôb Le Bedj Th Oou

Hle Me Hèt Schôb Oou Hadj Ô Schôp Re Piça Athe Ouoh

Facies verus in mutare sectator dolor concipere, indumentum, esse, vacui primus et

Face vrai par modifier disciple douleur concevoir vêtement être vide le 1 er et

considérer

Mischéththôhèh Hal- Ehaschèr

Mi Sch Éth Thôhè H Hal Eha Schè R

Me Dje Hèt Taho Ha Hel Ahe Dji La

Veritas quia confidere resuscitare magister volare excipere, efferre os

Réalité pr cela croire ressusciter maître voler recevoir révéler parole

Parce que aller vite

Naehasôh

N A Eha Sôh

N A Ahe Djô

Qui esse vita dicere

Qui être vie dire, annoncer.

Texte Coordonné  :

Et le disciple Pierre (celui qui avait renié pour sa réputation), partit vers le lieu du sépulcre ; il inclina la tête par la porte (ouverture), il vit le vêtement de lin du Maître posé, il entra et mesura ainsi rapidement l’importance des paroles annoncées (les prophéties) ; le vêtement qui l’avait recouvert s’était affaissé et était imprimée l’empreinte (le sceau) de ses formes.

Le tissu ayant couvert Sa Face elle-même, lors de l’ensevelissement, avait été enlevé et était posé à part ; ce dernier (celui-ci) était imprégné de Sa vraie Face aimante changée (modifiée) par les douleurs ; le disciple considérant le vêtement vide et étant le premier à croire à la réalité de la Résurrection du Maître pour cela, partit rapidement, ayant reçu la Révélation de la Parole, annoncer qu’Il est en vie (la Vie).

§§§

Enfin, et en complément, nous avons pensé qu’il était intéressant d’étudier les deux versets suivants .

Jean, chap. 19, verset 40 ( Version Segond). Par Claude ALAIN.

Trad. Segond .

Ils prirent le Corps de Jésus et l’enveloppèrent de bandelettes (de bandes) avec les aromates, comme c’était la coutume d’ensevelir les Juifs.

Trad. Vigouroux  :

Ils prirent le corps de Jésus et l’enveloppèrent dans des linges avec des parfums comme les Juifs ont coutume d’ensevelir.

Texte hébraïque :

הַיְּהוּדִים קְבוּרַת  כְּדֶרֶ בְ שָׂמִים מִלְאוּ אֲשֶׁר בְתַכְרִיכִים וַיַּעֲטוּהָ יֵשׁוּעַ אֶת־גּוּפ ַת וַיִּקְחוּ

LECTURE FERNAND CROMBETTE

Ouadjdjiqéchouo Hèth-Gouophath Djeschouoha Ouadjdjaéhatouohô Béthakéridjkidjm Ehaschèr

Miléhouo Bésômidjm Kédèrèké Qébouorath Hadjdjéhouodidjm :

ANALYSE.

Ouadjdjiqéchouo Hèth-

Oua Dj Dji Qé Cho Uo He Th hébreu monos.

Ouèi Dji Schè Sche Kôs Ouôh Ha Dje copte mono

Quoniam laedere descendere crux cadaver ponere pro amplius latin

Après que offenser descendre (de) croix cadavre déposer (sur) pour ample

ensuite blesser corps mort très grand

Gouophath Djeschouoha (*)

G Ouo Pha Th Dje Sch Ouo Ha

Ke Ouôh Bi Te Ti Sche Ouô Hè

Sed tegere ferre modus deus filius nuntium conspectus

Mais couvrir transporter sorte dieu fils envoyé apparent

envelopper visible

Ouadjdjaéhatouohô

Oua Dj Dja Eh At Ouohô

Iaou Djah Djah ha hate oube

Linum tegere tegere caput ante in

Lin couvrir envelopper tête avant dans

auparavant

Béthakéridjkidjm Ehaschèr

Béth A Ker I Dj Ki Djm Eha Schèr

Pat Ha Kel I Ke Ke Çen Hah Schari

Pes caput plicare ire sed ponere in multitudo plaga

Pied tête plier aller mais poser sur foule blessure

grande multitude

Miléhouo Bésômidjm

Mil É Ouo Béso Midj M

Mer é Ouoh Eu Phas Masch Bô

Cingere circa et in unguentum tangere capillus

protéger autour et sur huiles parfumées, imprégner cheveu

Kédèrèké Qébouorath Hadjdjéhouodidjm :

Ké Dèr Eke Qéb Ouo Rath Ha Djdjé Houo Didj M

Djah Tèr Dje Çmè Ouôh Rèti Ha Schesch Ouoh Djadje Ma

Tegere omnis ut conservator addere sicut pro diffundere et ratio locus

Couvrir tout ainsi que, conservateur appliquer, comme, selon, répandre et procédé endroit

envelopper méthode lieu

(*) Nous notons que יֵשׁוּעַ   : Djeschouoha en lecture FC, Iechouah en lecture classique et donc, ici, Jésus - et que l’on aurait pu prendre tel quel - donne par le copte monosyllabique : « le Fils et l’ Envoyé visible de Dieu » ! Une fois de plus la méthode est « explicative ».

Texte coordonné  :

Ils descendirent ensuite de la croix et déposèrent le corps « offensé » du Fils et Envoyé visible de Dieu (Jésus) sur une grande enveloppe (couverture) pour le transporter, mais en l’ayant auparavant couvert d’une enveloppe de lin allant de la tête aux pieds, pliée (repliée) à la tête et posée sur les nombreuses blessures et le protégeant à l’entour. Les cheveux furent imprégnés d’huiles parfumées ainsi que toute l’enveloppe ; elles étaient appliquées comme conservateur et selon les procédés en usage en ces lieux.

Marc, 16, verset 12 (Segond). Par Claude ALAIN .

Traductions Classiques  :

Vigouroux  :

Après cela, il semontra, sous une autre forme, à deux d’entre eux, qui étaient en chemin et allaient à une maison de campagne

Segond  :

Après cela, il leurapparut, sous une autre forme, à deux d’entre eux qui étaient en chemin pour aller à la campagne.

Texte Hébraïque  :

לְדַרְכָּם׃ הָלְכוּ כַּאֲשֶׁר הַשָּׂדֶה עַל־פְּנֵי מֵהֶם אֶל־שְׁנַיִם אַחֶרֶת בִּדְמוּת נִרְאָה וְאַחֲרֵי ־כֵן 12

Lecture Méthode FC  :

Ouehaecharèdj-Ken Niréhôh Bidémouoth Hachèrèth Hèl-Schénadjim Mehèm Hal-Pénedj Hassôdèh

Et le vient ensuite après se montrer forme le autre entre deux à eux à la surface la campagne

Kaehaschèr Hôlékouo Lédarekkôm :

Qui aller en chemin

Analyse  :

Ouehaecharèdj -Ken Niréhôh

Oue Hae Char Èdj K En Ni Réhôh

Oba (*) Hei Djere Esch Ça Ini N Rôhe

Tumulus excidere, illuminare crucificere forma offerre ad lavare

Tombeau sortir de mettre en lumière, crucifier forme se montrer de laver

(*) b = ou illustrare aspect présenter baigner

Bidémouoth Hachèrèth Hèl -Schénadjim

Bi Demouo Th Ha Schèr Èth Hè L Sché Na Djim

Pe Timoue Te Ai Scholhs Ath Hè R Sche Nsa Djpe

Caelestas, lumen sicut esse corpus non conspectus esse virga praeter vulnerare

Céleste lumière en qq sorte être corps ne pas, visible être verges excepté blesser

ne plus, apparent caractériser

Mehèm Hal - Pénedj Hassôdèh

Me Hèm Hal Pé N Edj Ha Ssôd Èh

Ni Ini Hrai Bi N Esch He Sôte Ohi

Hae afferre in monumentum per crucificere lapsus redemptio piscator

Celles causer par signe de recon- pour crucifier péché rédemption disciple

-naissance

Kaehaschèr Hôlékouo Lédarekkôm :

Ka Eha Schèr Ho Lek Ouo Le Da Re Kkôm

Kha Ehi Schar Ho Lokh Ouoh Re The Er Schôp

Ab vita corium adspectus ardere atque sol similis esse indumentum

De ce fait, vie peau aspect général resplendir, alors soleil semblable, être vêtement

À ce momt là

Texte Coordonné  :

Sorti du tombeau, le crucifié sanctifié offrait une apparence baignée de lumière en quelque sorte céleste ; Son corps n’était plus marqué par les blessures des fouets à l’exception de celles causées par la crucifixion, signes de reconnaissance pour Ses disciples de la Rédemption des péchés et par là, de la vie éternelle. A ce moment-là sa peau et son aspect général resplendissant étaient comme un vêtement de soleil.

§§§§§

Enfin, on trouvera page suivante, les textes de St Jean 20, 6-9 et Luc 24, 12, décrivant le même « moment ». Ils ont été mis en parallèle sur 3 colonnes pour pouvoir être comparés.


Jean 20, 6-9 (SEGOND)

Pierre se précipita dans le lieu, pour comprendre et éclaircir l’apparente disparition ; ayant vérifié, il réalisa qu’un événement des plus singuliers bouleverserait les esprits ; un (le) vêtement était posé sur la pierre, l’image douloureuse étant reproduite sur ce vêtement blanc, traces visibles qui restituaient de manière semblable les formes blessées et prouvait, après sa mort, le véritable rétablissement de cet homme s’étant élevé par delà (le linge : vêtement).

Le tissu qui, placé sur la tête de l’Agneau (le Messie), avait été retiré, enroulé (plié ou replié) - de sorte que les courbes du visage soient restituées * - en avant et à la tête de l’autre (tissu) (qui) l’enveloppait ; en outre celui-ci déployé, présentait l’imprégnation du corps meurtri par les fouets, qui étaient le signe de l’humiliation ; et puis l’on avait versé des onguents qui s’était mélangé au sang séché, ce qui en augment(er)ait la conservation.

Et celui qui avait renié le Fils, entré le premier dans le tombeau fut suivi de l’aimé du Seigneur et ils comprirent la Parole (prophétie) : le linge imprégné représentait les marques de Ses formes en entier, le bandeau (serre-tête) était laissé à côté, représentant l’image de Sa glorieuse Face et posé en avant de l’enveloppe sur laquelle étaient apparents les mouvements le soulevant au-dessus de celle-ci ; et ils crurent à l’unique Vérité (réalité).

Les Ecritures comprises (à leur) manière faisait que - jusqu’à cet événement unique et actuel, précisément la résurrection annoncée du Messie, aussi vrai qu’Il était le premier engendré -, les disciples qui n’étaient pas encore en possession de cette connaissance (des Ecritures) avaient mis en doute l’importance de cette prophétie : « La Parole glorieuse anéantira la mort ; ainsi son corps se (re)mettra en mouvement, s’élèvera ; ce sera le début de la Vérité.

Idem. (Carmignac)

Les gardes (soldats) étaient partis ; le vêtement de lin qui avait couvert le Corps du Maître était posé sur la pierre lorsque Pierre entra dans le sépulcre vide. Sur le vêtement de lin était restituée l’image du cadavre fustigé (battu de verges) : vision qui était d’une réalité (vérité) remarquable (frappante). A la tête de celui-ci (le vêtement), et mis de côté, était le « soudarion » restituant des images superposées et qui avait certainement été retiré une dernière fois lorsqu’il fut enseveli dans le sépulcre.

Il fut triste lorsque, entrant dans le tombeau il vit le linceul posé sur la pierre, mais rapidement il comprit aussi la réalité des Ecritures et de la Parole (prophétique). Le tissu qui avait complètement couvert la Face était à l’écart du fait qu’il avait été retiré dans le tombeau ; il révélait en quelques sorte des images les une sur les autres ; les blessures faites au Visage qui avaient imprégné le voile posé du cou aux cheveux, représentaient Sa Sainte Face douloureuse, relique remarquable.

N’étant pas allé plus loin et s’étant arrêté devant le tombeau du Maître, l’aimé (Jean) examina le vêtement de lin : la réelle et douloureuse image restituait Ses formes, telle une brûlure faite sur le vêtement de lin lorsqu’elles l’imprégnèrent, s’élevant et le traversant. L’ignorance cédant à la connaissance de la prophétie (prédire), il crut à l’accomplissement de la volonté de Dieu et à ce moment à la résurrection du mort.

Les Ecritures ayant été comprises sans discernement (auparavant), ils furent ainsi bouleversés par l’événement : des traces visibles de ses formes avaient transpercé le linceul parce qu’il avait sué sang et eau. Son corps sublimé s’était soulevé au dessus du linge anéantissant ainsi la mort et éclairant la véritable connaissance du sacrifice d’amour et de la prophétie de l’Envoyé de Dieu

Luc, 24, 12

Et le disciple Pierre (celui qui avait renié pour sa réputation), partit vers le lieu du sépulcre ; il inclina la tête par la porte (ouverture), il vit le vêtement de lin du Maître posé, il entra et mesura ainsi rapidement l’importance des paroles annoncées (les prophéties) ; le vêtement qui l’avait recouvert s’était affaissé et était imprimée l’empreinte (le sceau) de ses formes.

Le tissu ayant couvert Sa Face elle-même, lors de l’ensevelissement, avait été enlevé et était posé à part ; ce dernier (celui-ci) était imprégné de Sa vraie Face aimante changée (modifiée) par les douleurs ; le disciple considérant le vêtement vide et étant le premier à croire à la réalité de la Résurrection du Maître pour cela, partit rapidement, ayant reçu la Révélation de la Parole, annoncer qu’Il est en vie (la Vie).

CONCLUSION

Gonzalo Dechamps – Alain Fournier

Depuis l’affaire Galilée, le récit biblique de la Création, avec – il est vrai – ses invraisemblances, ses redondances et ses demi-vérités, surtout sur le plan scientifique, n’a cessé de nourrir l’opposition des adversaires de la Foi et de faire le « bonheur » d’une certaine critique. Il n’est pas étonnant, dans ces conditions, que l’on ait été tenté de ne voir dans ce récit que des symboles obscurs, fruits d’une pensée religieuse primitive. Et pourtant, tout cela est « de Foi ». L’affaire était donc d’une gravité exceptionnelle puisque c’était l’énoncé même de la Révélation qui était ainsi récusé.

Des générations de biblistes et d’exégètes se sont penchées sur les problèmes que soulevait l’interprétation des textes, en vue, le plus souvent, de réconcilier le récit biblique avec la pensée moderne, sans jamais véritablement parvenir à une solution pertinente.

C’est le mérite de Fernand Crombette d’avoir eu l’intuition, grâce à sa connaissance des langues et de l’histoire de l’Antiquité, que les problèmes soulevés par la critique tenaient essentiellement à des insuffisances et à des approximations de traduction et de restaurer, grâce à une nouvelle méthode de lecture inédite de l’hébreu, les vérités révélées de l’Ancien Testament, si malmenées par la critique.

Il avait en effet, découvert à partir de ses travaux sur les langues de l’Antiquité, que le texte biblique avait, selon toute vraisemblance, été écrit en égyptien (copte monosyllabique) mais avec l’alphabet hébraïque inventé par le Patriarche Joseph à partir ce certains hiéroglyphes égyptiens. Actuellement la langue liturgique de l’Eglise copte s’apparente encore étroitement à l’égyptien antique. Il suffisait dès lors de ré-interpréter les caractères hébraïques à l’aide du copte monosyllabique pour faire apparaître le sens primitif du texte inspiré. Ce sens avait été perdu au cours de l’histoire tragique du peuple hébreu, en particulier lors de l’exil à Babylone. Les textes avaient disparu ou avaient été détruits et seule la tradition orale en avait conservé le souvenir. Lorsqu’ils furent réécrits, dans une langue devenue peu à peu flexionnelle, personne, sans doute, ne se souvenait du contexte spécifique dans lequel ces récits avaient été composés suite à l’inspiration divine. On répétait de « père en fils » un texte qui ne comportait ni séparation, ni ponctuation, ni indication de lecture de voyelle. Le peuple d’Israël avait oublié la parenté qui liait auparavant l’hébreu et l’égyptien. On voit bien cela avec l’épisode d’Esdras (21).

Soumis à la méthode de lecture par le copte monosyllabique, le véritable récit va se compléter, se charger de sens et de réalisme. A travers les détails que cette méthode découvre, se dessine devant nos yeux ébahis, le VRAI DESSEIN DU CRÉATEUR, enfin dévoilé et parfaitement compréhensible, sans qu’il y ait la moindre contradiction avec le texte traditionnel accepté de tout temps par l’Eglise.

Cela n’est-il pas prodigieux ?

A la faveur de certaines demandes de certains de nos membres intéressés par le sujet, il a semblé intéressant de tenter d’appliquer cette méthode au Nouveau Testament. Nous avons souligné dans l’introduction, toute la pertinence des thèses appuyant une première rédaction en hébreu ou en araméen des Evangiles, et ce, pour les Synoptiques en tout cas très tôt (entre 40 et 60 PCN), soit entre 7 et 25 ans après la mort de Jésus, leur « Rabbi ». Les détails étaient donc frais dans la mémoire de ces rédacteurs, témoins directs des événements qu’ils rapportent.

Il reste aussi que l’on comprendrait mal, qu’après avoir inspiré TOUT l’Ancien Testament, Le Saint Esprit eût moins inspiré le Nouveau, et qu’après la Pentecôte, les apôtres et disciples n’eussent pas reçu les grâces nécessaires pour nous faire connaître la réalité concrète et entière de « ce qu’il s’était réellement passé ». L’hébreu étant la langue sacrée par excellence, il est logique que c’est celle là qu’ils utilisèrent.

Nous avons donc pensé, qu’il était intéressant, voire légitime, d’appliquer au texte hébreu, reconstitué à partir du texte grec (montrant qu’il suit l’hébreu à la lettre et jusqu’à dans ses tournures particulières), une méthode qui avait fait ses preuves et son efficacité pour rétablir, les 11 premiers chapitres de la Genèse mais aussi diverses parties de l’Ancien Testament, en les accordant avec l’Histoire des Civilisations Antiques. Que l’on pense seulement à l’Exode et aux divers « événements extraordinaires » qui parsèment la « geste » du peuple élu, tel que les miracles de Josué et d’Isaïe.

Comme nous l’avons dit, et nous insisterons sur ce point une fois encore, nous restons prudents et considérons ceci comme une hypothèse minimale, bien entendu soumise exclusivement au jugement du Magistère.

Mais comment ne pas voir, avec ravissement, que la méthode de F.Crombette de lecture de l’hébreu par le copte monosyllabique – comme elle fut la clé de la reconstruction de sa monumentale histoire d’Egypte – est la clé qui ouvre totalement les portes de l’Ancien comme du Nouveau Testament.

Les épisodes les plus obscurs, les plus attaqués par la critique antichrétienne, les plus compliqués mais aussi les plus critiquables sur le plan scientifique deviennent ici lumineux.

C’est ainsi - on le voit suite à ce travail - que l’épisode de la découverte du « tombeau vide » par Pierre et Jean s’éclaire d’un jour nouveau dans le détail. La formule que Jean utilise pour indiquer que, soudain, son esprit fait le lien entre l’événement de la Résurrection et les prophéties, prend tout son sens. Le spectacle qu’il découvre, l’image imprimée sur le Linceul et le Soudarion, enroulé sur lui-même, deviennent pour lui les preuves matérielles de la Résurrection du Maître : «  Alors donc entra aussi l’autre disciple qui était venu le premier au sépulcre et  Il VIT et il CRUT  » dit classiquement le verset 8 de St Jean, mais par la méthode FC nous obtenons : «  N’étant pas allé plus loin et s’étant arrêté devant le tombeau du Maître, l’aimé (Jean) examina le vêtement de lin : la réelle et douloureuse image restituait Ses formes telle une brûlure faite sur le vêtement de lin lorsqu’il l’imprégna, s’élevant et le traversant. L’ignorance cédant à la connaissance de la prophétie (prédire), il crut à l’accomplissement de la volonté de Dieu et, à ce moment, à la résurrection du mort .» !

Inutile de dire que cette vision nouvelle remet en cause bien des certitudes établies par la pensée contemporaine. Nous avions déjà pu constater que l’exégèse libérale prenait eau de toute part et que le journalisme théologique n’était plus digne de confiance - on ne le dit, on ne le voit pas assez, mais cela apparaît pour qui sait lire en filigrane -. Par contre le mal est fait et il faudra du temps pour restaurer ...

En retournant aux sources de l’Ecriture et de l’hébreu, F. Crombette permet de resituer les textes inspirés dans leur vérité première. Adieu Loisy, adieu Renan, Bultmann et sa démythologisation, J.Duquesne et son exégèse s’apparentant plus à une discussion de « café du commerce » que de la science biblique, et tant d’autres, aveuglés par les mirages d’une science omnipotente et finalement pervertie par les a priori du Modernisme …

Oui, l’image du Linceul est bien celle du Christ ressuscité. Saint Jean le dit dans cette lecture au « second degré » du chapitre 20 de son évangile et cette nouvelle doit nous remplir d’allégresse en espérant que cette « relecture » puisse contribuer à l’éclosion des temps nouveaux promis par le Seigneur.

A travers ce commentaire renouvelé des versets de St Jean, St Luc et St Marc concernant la Résurrection et en suivant fidèlement la méthode de F. Crombette, se trouve ainsi explicité le dialogue qui n’aurait jamais du cesser d’être harmonieux entre Science & Foi et dont le Ceshe a toujours été porteur.

En effet, l’image du Linceul, admirablement mise en lumière par la science, se retrouve ici pleinement dans le texte sacré dont la majesté se déploie enfin dans sa beauté originelle. Le texte ainsi établi confirme l’image imprimée sur le linge : les premiers disciples l’ont vue et ont cru !

On nous dira : « Mais que reste t-il du mystère, du dessein caché de Dieu ? » Mais il reste l’essentiel, c'est-à-dire tout, mystère de l’Incarnation, de la Trinité, de la Foi, du Salut et encore de la liberté qu’Il nous a donnée et … de ce que nous en faisons.

N’est-ce pas aussi le moment de s’interroger une fois encore sur «  le plan de la sagesse de Dieu pour le salut du monde pécheur, jusqu’à là caché » (1 Col., 1,23) mais « porté à la connaissance de toutes les nations par l’annonce de l’Evangile » (Rom., 16, 25) et «  révélé en ses profondeurs par l’Esprit de Dieu à ceux qui Lui sont dociles » (1 Col., 2,11) : mystère dont la dispensation se révèle au monde par le moyen de l’Eglise, en tant que communauté fidèle et à l’écoute de Sa Parole ?

Origène voyait dans le mystère la relation mutuelle (entre le signe visible et la réalité que le signe annonce), cachée aux profanes et révélée progressivement aux croyants se mettant à l’écoute du Verbe : la Parole de Dieu instituant ainsi des créatures messagères de son dessein de salut. Ne fut-ce pas un peu le destin de F.Crombette ?

Alors, peut-on faire l’impasse sur les grâces qui nous sont données - si indignes, bien trop souvent, en soyons-nous - ?

L’application de la méthode de F.Crombette reste ainsi dans la mouvance du mystère de la Révélation qu’il respectait infiniment. Il contribue à l’éclaircir, certes, mais sans jamais prétendre à TOUT expliquer.

Il ne s’agit dès lors en rien d’une nouvelle gnose et c’est ce qui fait sa force et sa valeur.

A suivre …

Le 28 janvier 2005.

(1) Pour l’essentiel, nous résumerons ainsi : S’étant aperçu de l’étroite parenté entre l’hébreu et le copte (ancien), surtout en ce qui concerne les racines, et de leur caractère monosyllabique comme devaient probablement l’être toutes les langues de la haute Antiquité, FC émit l’hypothèse qu’il suffisait par conséquent de découper les mots hébreux tels qu’ils se trouvent actuellement dans le texte hébraïque. Il en fait donc une lecture copte puisque pour lui, de Joseph à Moïse le peuple hébreu devait s’exprimer en égyptien, cad. en copte. Contrairement à ce qu’il fait pour l’égyptien, il lit cependant ici les lettres et les mots les uns à la suite des autres sans permuter ou jouer sur les rébus possible comme ce fut le cas pour l’égyptien. Il suit donc le texte à la lettre. Dans ce qu’il obtient par cette lecture il n’y a donc plus de déclinaison, de conjugaison et chaque mot peut être substantif, qualificatif, verbe ou adverbe. C’est le contexte qui permet d’interpréter correctement le mot et le sens. La méthode exige cependant une grande souplesse d’application pour tenir compte de la mobilité des voyelles et puisqu’il s’agit d’une lecture copte de certaines consonnes également. Pour le détail, on se reportera utilement aux deux documents suivant disponibles au secrétariat du Ceshe  : Dossier Rome ref**** (disponible en CD ou en typographie) et au Cahier « La méthode de FC, petit guide pratique ref 2.44  ». (revenir à la lecture)
(2) On notera que l’apparition dans le Sinaï des premiers caractères alphabétiques dits « proto-sinaïtiques » date précisément de l’époque de Joseph, pour autant que l’on se mette évidemment d’accord sur les chronologies. (revenir à la lecture)
(3) L’exemple type est le mot « abeilles » דְּבוֹרִים (devorim – mais deboouridjm lu par la méthode) et dont l’analyse donne « qui fabrique le miel à partir des plantes » mais il y en a des dizaines d’autres, et parfois bien jolis ou surprenants. (revenir à la lecture)
(4) Ce qui constitue un gros avantage, car – comme pour FC, qui ne savait pas ce qu’il allait découvrir – il est ainsi certain qu’il n’y a aucun « a priori » au départ. (revenir à la lecture)
(5) Comme ce fut le cas avec le verset concernant les « pierres reconstituées » de construction des autels (comme des pyramides (verset 25, ch. 20 de l’Exode) paru dans le n° 74 de Science & Foi et pour lequel, l’avis de Mr Davidovits fut requis. (revenir à la lecture)
(6) Philippe Reymond. Dictionnaire d’Hébreu et d’Araméen Bibliques. Cerf/SBF. 1999 . (revenir à la lecture)
(7) Travaux dont le Ceshe, grâce aux publications du Révérend Pasteur Thobois (Hashomer Israël) a rendu compte à plusieurs reprises dans Science & Foi. Il faut cependant rester prudent et ne pas donner raison à certaines publications sur ce thème visant plus le sensationnel que la pertinence de la chose. (revenir à la lecture)
(8) Voir “L’origine du langage ref 4.07 ”. D.Tassot in « Cahiers du Ceshe » et les nombreux articles repris dans Science & Foi. (revenir à la lecture)
(9) Joseph House, 1, Bury Mead Rd , Hichtin, Hertfordshire SG5 1RT , England . (revenir à la lecture)
(10) Vol. 5 (1836+1864). Restent apparemment disponibles les vol. 3 et 4. Brepols Ed., rue Baron Frans du Four, B. 2300 Turnhout. (revenir à la lecture)
(11) Cfr “Dossier Rome ref****”. Secrétariat du Ceshe. (revenir à la lecture)
(12) CSSH Quartely, Vol XI, n° 3, spring 1989, pp. 20-24 (revenir à la lecture)
(13) Robert J.Clinkert, « Moses vs Evolution ». Creation Social Science and Humanities Quartely, X :1 ‘Fall 1987), p. 30 . (revenir à la lecture)
(14) Dans son livre « La Naissance des Evangiles synoptiques », Jean Carmignac recense tout au long de 25 pages tous les mots grecs qui sont comme le décalque absolu de mots hébreux et constate que le grec des Evangiles est tout sauf du grec classique. (revenir à la lecture)
(15) Il y eut bien des versions copte, syriaque et arménienne mais qui n’ont pas non plus été faites n écessairement à partir du grec. On mesure ici la perte immense des œuvres d’Origène et particulièrement des « Hexaples ».(revenir à la lecture)
(16) www.philo5.com(revenir à la lecture)
(17) Il ne faut pas oublier non plus qu’au retour de l’exil, Esdras « dut » expliquer les Ecritures à un peuple qui ne les comprenait plus (Esdras 2, 8, versets 8 et 12). (revenir à la lecture)
(18) Op. Cit. Brépols Traductions Hébraïques des Evangiles .(revenir à la lecture)
(19) Op. cit (Brepols) Vol.5, pp. XXXV-XXXVI de l’introduction . (revenir à la lecture)
(20) Il suffit de taper « Claude Tresmontant ou Abbé Carmignac sur un bon moteur de recherche (Google p. ex.) ou « Evangile langue origine ». En outre de nombreux articles de la revue « Science & Foi » font appel à C.Tresmontant, J.Carmignac mais aussi au P ;M.Jousse, sj., pour démontrer la pertinence et , en tout cas, la probabilité de la thèse de FC. (revenir à la lecture)
(21) Rappelons ici l’interprétation faite par la Méthode FC des versets 8 et 12 du chap. 8 d’Esdras 2 et publié avec le n° de Science & Foi : « Le disciple envoyé (Esdras) révéla les racines des mots divisés en parties ; sans s’écarter de quelque manière du sens, il restituait à la Parole divine la vérité initiale dans les Ecrits transmis » (revenir à la lecture)

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